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Combien de mois votre entreprise tiendrait-elle sans encaisser un euro ?

Ouvrir son application bancaire le matin est devenu un réflexe pour la plupart des dirigeants de TPE. Le chiffre affiché rassure ou inquiète, mais il ne répond pas à la vraie question : combien de temps l'entreprise peut-elle tenir si les encaissements s'arrêtent ?

Un solde de 50 000 € n'a pas le même sens pour une entreprise qui dépense 10 000 € par mois et pour une autre qui en dépense 60 000 €. La première a cinq mois devant elle. La seconde, moins d'un.

Le calcul

Trésorerie en mois = trésorerie disponible ÷ décaissements mensuels moyens.

Les décaissements, ce sont toutes les sorties réelles du compte : achats, salaires et charges sociales, loyer, assurances, remboursements d'emprunt, TVA reversée. Les amortissements n'en font pas partie : ils figurent dans le compte de résultat, mais aucun argent ne sort.

Prenons une menuiserie de cinq salariés : 52 000 € sur le compte, 38 000 € de sorties par mois. Elle a 1,4 mois de trésorerie. L'entreprise est rentable, et pourtant un seul client qui paierait une facture de 20 000 € avec deux mois de retard la ferait passer sous le mois.

Comment lire le résultat

Moins d'un mois, c'est la zone de danger : le moindre imprévu, un retard client ou une panne, devient un problème de paiement des salaires. Entre un et deux mois, il faut rester vigilant. Au-delà de deux à trois mois, la plupart des TPE sont dans une situation confortable. Ces repères varient selon les secteurs : une activité très saisonnière a besoin de davantage de réserve.

Le piège : le solde du jour

Le solde affiché par la banque contient de l'argent qui ne vous appartient déjà plus. La TVA collectée ce mois-ci sera reversée le mois prochain. L'échéance d'emprunt tombe le 5. Les salaires partent le 28. Une trésorerie fiable se calcule après ces sorties prévues, pas avant.

Sur les 52 000 € de notre menuiserie, près de 3 900 € sont de la TVA à reverser. La trésorerie réellement disponible est donc d'environ 48 000 €, et la marge de sécurité tombe à 1,3 mois.

Ce qui fait vraiment bouger l'indicateur

Trois leviers agissent directement : encaisser plus vite (délais clients, relances), payer au bon moment (sans retard, mais sans avance inutile) et maîtriser les charges fixes. Le chiffre d'affaires, lui, n'aide pas toujours : une entreprise qui grandit avance plus de stock et attend plus de factures. C'est l'effet du besoin en fonds de roulement.

Suivre cet indicateur une fois par mois suffit, à condition de le calculer à partir de chiffres à jour : relevés bancaires, factures clients non réglées, factures fournisseurs à payer et échéances fiscales. C'est ce rassemblement, plus que le calcul, qui prend du temps.